Points clés
- La moyenne publiée est de 196 jours calendaires de congé payé disponibles pour les mères contre 25 pour les pères ; ce n’est pas une mesure des jours effectivement pris.
- Dans 66 des 190 économies, les pères n’ont pas de droit légal au congé payé. Parmi les 124 qui en prévoient un, la moitié offre moins de deux semaines.
- Le rapport distingue congé maternité, congé paternité et congé parental : l’écart de droits ne mesure ni le temps réellement consacré aux enfants ni les besoins médicaux après un accouchement.
Une nouvelle synthèse, fondée sur des règles antérieures à sa publication
La note From Parenthood Leave to Childcare Services s’appuie sur Women, Business and the Law 2026, le programme de la Banque mondiale qui compare les règles encadrant les possibilités économiques des femmes. Les données de cette édition sont arrêtées au 1er octobre 2025. Une publication d’octobre 2026 ne constitue donc pas une vérification de chaque réforme nationale entrée en vigueur depuis cette date.
La figure 1, page 10 du rapport, présente 196 jours pour les mères et 25 pour les pères en moyenne. Ce sont des jours calendaires, comprenant les week-ends, et des durées disponibles dans les dispositifs étudiés. Le résultat n’est ni la durée moyenne prise par tous les parents du monde ni une mesure de remplacement intégral du salaire. Les conditions d’éligibilité et d’indemnisation restent importantes.
Trois congés à ne pas confondre
Le congé maternité protège notamment la récupération physique après l’accouchement, la santé du nourrisson et l’allaitement. Le congé paternité désigne le congé accordé au père ou au second parent autour de la naissance. Le congé parental est un droit plus long, individuel ou partagé, pour s’occuper d’un enfant pendant ses premières années. Le rapport emploie une catégorie d’ensemble qui réunit ces trois formes.
Cette distinction compte pour lire les fiches liées. La fiche sur l’OCDE — l’Organisation de coopération et de développement économiques — porte sur le seul congé paternité payé dans ses pays membres. Ses 2,4 semaines ne doivent pas être remplacées par les 25 jours de la nouvelle moyenne : la couverture géographique et les congés comptabilisés diffèrent. La fiche sur le soin non rémunéré mesure, elle, du temps consacré à des activités, pas des droits à absence.
Des lacunes pour les pères comme pour les mères
Le tableau de la page 10 recense 66 économies sans droit légal au congé payé pour les pères. Parmi les 124 qui en accordent un, la moitié prévoit moins de deux semaines. Cela ne signifie pas que tous les pères des 124 économies peuvent effectivement prendre leur congé.
Le même tableau classe 123 économies au niveau d’au moins 14 semaines de congé payé pour les mères, 61 sous ce seuil et six sans congé maternité payé. Le seuil de 14 semaines renvoie à la convention n° 183 de l’Organisation internationale du Travail sur la protection de la maternité. Son article 4 prévoit aussi une protection postnatale et son article 5 traite des complications de grossesse ou d’accouchement. Constater un congé paternel court ne conduit donc pas à considérer la protection médicale maternelle comme superflue ni à préconiser sa réduction.
Le droit disponible ne garantit pas son usage
La note distingue la loi, les dispositifs qui permettent de l’utiliser et l’appréciation de son application par des experts. Elle examine notamment le niveau d’indemnisation, les démarches, la protection de l’emploi et les incitations à prendre les congés. Ces dimensions ne sont pas des mesures interchangeables.
Les auteurs soulignent aussi les exclusions qui peuvent toucher les travailleurs indépendants, informels ou dans des formes d’emploi non standard. Ils recommandent d’articuler les congés avec des services d’accueil accessibles lorsque les parents reprennent leur activité. Il s’agit de recommandations du rapport, pas d’effets identiques démontrés dans les 190 économies.
Les catégories mères et pères viennent des dispositifs et de la méthode de la source ; les chromosomes ne sont pas mesurés. La comparaison décrit une asymétrie juridique moyenne et des obstacles à documenter. Elle ne permet pas d’attribuer une intention à tous les employeurs, de conclure aux préférences de chaque parent ou de déduire une répartition du soin à partir des seules durées de congé.
Questions fréquentes
Les mères prennent-elles réellement 196 jours et les pères 25 jours ?
Ce n’est pas ce que mesure cette comparaison. Elle porte sur les durées de congé payé disponibles dans les dispositifs étudiés, pas sur les jours effectivement pris par chaque parent.
Pourquoi ne pas remplacer les 2,4 semaines de la fiche OCDE par 25 jours ?
Les 2,4 semaines concernent le congé paternité dans l’OCDE. La nouvelle moyenne couvre 190 économies et une catégorie plus large réunissant plusieurs types de congé. Les deux indicateurs ne sont pas directement substituables.
L’écart signifie-t-il que les congés maternité sont trop longs ?
Non. Le congé maternité répond notamment aux besoins de récupération et de santé liés à la grossesse et à l’accouchement. Le rapport examine le soutien aux pères et le partage du soin tout en rappelant les insuffisances de protection des mères.