Points clés
- En 2025, les femmes représentent 66,9 % des 2 181 victimes de traite ou d’exploitation enregistrées par la police et la gendarmerie en France.
- Cette part atteint 96,6 % pour le proxénétisme, mais 34,9 % dans le groupe statistique de l’exploitation par le travail.
- Ces proportions décrivent les personnes enregistrées, tous âges confondus ; elles ne mesurent ni l’ensemble des victimes ni le risque individuel dans chaque sexe.
La traite au sens strict n’est qu’une partie du champ étudié
La traite des êtres humains désigne notamment le recrutement, le transport ou l’accueil d’une personne à des fins d’exploitation, dans les circonstances prévues par l’article 225-4-1 du Code pénal. Le texte prévoit une règle spécifique pour les mineurs : les circonstances exigées pour un adulte ne sont pas nécessaires pour constituer cette infraction à leur égard.
Le rapport du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et du service statistique de la Justice (SSER) retient un champ plus large : traite au sens strict, proxénétisme — notamment le fait de tirer profit de la prostitution d’autrui —, exploitation par le travail et exploitation de la mendicité. Il ne faut donc pas présenter les 2 181 victimes de cet ensemble comme autant de victimes de la seule infraction de traite au sens strict.
Une majorité féminine dans l’ensemble, des profils différents selon les groupes
La figure 1 du bilan compte 1 074 victimes enregistrées pour proxénétisme, dont 96,6 % de sexe féminin ; 502 pour traite au sens strict, dont 51,4 % de sexe féminin ; et 774 dans le groupe de l’exploitation par le travail, dont 34,9 % de sexe féminin. L’ensemble compte 66,9 % de victimes de sexe féminin. Ces catégories incluent les mineurs : « femmes » dans les tableaux ne signifie pas seulement femmes adultes.
Une personne peut relever de plusieurs groupes. Les effectifs par forme d’exploitation ne s’additionnent donc pas comme des catégories exclusives. La majorité féminine globale ne doit pas masquer les victimes masculines ni être transposée à chaque infraction.
Le groupe appelé « exploitation par le travail » inclut aussi des conditions d’hébergement indignes. Le rapport précise que 57 % des victimes enregistrées dans ce groupe en 2025 ont uniquement subi ces conditions d’hébergement. Il serait donc trompeur de renommer tout ce groupe « travail forcé » ou d’en faire une statistique sur les seuls travailleurs.
Enregistrement, mise en cause et condamnation ne mesurent pas la même chose
Les données proviennent des procédures policières et de gendarmerie. Les situations non détectées ou non enregistrées n’y figurent pas. Les qualifications peuvent ensuite évoluer. Une hausse des enregistrements ne permet pas, à elle seule, de séparer une évolution des faits d’une amélioration de leur détection.
Le rapport dénombre séparément 2 272 personnes mises en cause en 2025, dont 75 % d’hommes. Une mise en cause n’est pas une condamnation. Les victimes sont comptées selon l’année d’enregistrement, les mis en cause selon l’année d’élucidation, et les condamnations selon une autre temporalité. On ne peut pas diviser ces séries pour obtenir un taux de condamnation des affaires de 2025.
Les parts femmes-hommes sont des compositions de groupes enregistrés, pas des proportions de femmes ou d’hommes qui seraient victimes ou auteurs dans la population générale. Aucun lien causal individuel ni aucune mesure des chromosomes ne découle de ces catégories administratives.
Un contexte mondial à conserver séparément
La synthèse des Nations unies fondée sur le rapport mondial 2024 indique que les femmes et les filles représentent 61 % des victimes de traite détectées en 2022. Ce repère mondial n’a ni la même période ni le même champ que l’ensemble français de traite et d’exploitation étudié ici.
La fiche liée conserve donc son indicateur mondial et sa date de vérification. Le nouvel article apporte un éclairage français distinct, sans remplacer 61 % par 66,9 % ni présenter leur différence comme une évolution.
Questions fréquentes
Les 66,9 % mesurent-ils le risque pour une femme d’être victime ?
Non. Il s’agit de la part de personnes de sexe féminin parmi les victimes enregistrées dans ce champ en France en 2025, pas d’un taux dans la population féminine.
Pourquoi ne pas appeler toutes ces situations du travail forcé ?
Le groupe statistique d’exploitation par le travail inclut plusieurs infractions, notamment des conditions d’hébergement indignes. Il ne se limite pas au travail forcé.
Le chiffre français actualise-t-il la fiche mondiale ?
Non. Le pays, l’année et le périmètre infractionnel diffèrent. L’article et la fiche sont liés pour éclairer ces différences, pas pour fusionner leurs statistiques.