Points clés
- Dans les 27 États membres, Eurostat recense en 2024 83 451 étudiantes et 193 434 étudiants inscrits dans le domaine du sport au niveau supérieur, selon le même tableau statistique.
- Le ratio résumé par Eurostat, environ deux étudiantes pour cinq étudiants, était déjà mentionné pour 2023 : les chiffres publiés aujourd'hui ne suffisent pas à conclure à une accentuation de l'écart.
- En 2025, 786 100 femmes travaillent dans l'emploi sportif européen, sur environ 1,8 million de personnes. Ce chiffre concerne des emplois et non les étudiants de 2024.
- La catégorie d'emploi sportif inclut des professions non sportives dans des organisations sportives et des professions sportives dans d'autres secteurs ; elle ne décrit pas le devenir professionnel des diplômés du sport.
- En France, Santé publique France estime la pratique physique régulière de loisirs à 47,6 % chez les femmes contre 46,6 % chez les hommes de 60-69 ans, et à 45,2 % contre 43,8 % à 70-79 ans en 2024. Ces faibles écarts ne mesurent pas la fréquentation des salles de sport.
- L'espérance de vie des hommes en France est plus courte, mais les études citées ne démontrent pas que l'effort musculaire au travail puis le repos à la retraite expliquent cet écart.
Une nouvelle édition des statistiques européennes du sport
La note publiée par Eurostat le 22 septembre 2026 accompagne l'infographie Sports statistics, édition 2026. Elle rassemble plusieurs indicateurs sur l'Union européenne, dont les études supérieures du domaine du sport en 2024 et l'emploi lié au sport en 2025. Ces années et ces populations ne sont pas interchangeables : le premier indicateur compte des inscriptions, le second des personnes en emploi.
Le domaine d'études correspond à la catégorie « sports » de la classification internationale des domaines de l'éducation (CITE-F 1014), aux niveaux supérieurs 5 à 8. Il ne couvre ni l'ensemble des jeunes qui pratiquent une activité physique ni toutes les formations pouvant mener à un métier du sport.
En 2024, des effectifs inscrits nettement différents
Dans le tableau Eurostat des inscriptions par sexe, domaine et niveau d'études, l'agrégat UE à 27 compte 83 451 femmes et 193 434 hommes pour le domaine du sport en 2024. Les deux effectifs proviennent du même indicateur, de la même année et du même périmètre. Eurostat les résume par environ deux étudiantes pour cinq étudiants. Ce sont des nombres de personnes inscrites, non des taux d'accès calculés sur l'ensemble des femmes et des hommes en âge d'étudier.
L'écart ne décrit pas à lui seul les mécanismes d'orientation. Pour les étudier, il faudrait examiner les candidatures, les admissions, les choix de spécialité et les contextes nationaux. La base signale en outre ces valeurs par un indicateur de définition différente ; les comparaisons fines entre pays demandent donc des précautions supplémentaires.
Une asymétrie déjà visible dans l'édition précédente
La communication Eurostat de septembre 2025 indiquait déjà environ deux étudiantes pour cinq étudiants dans le domaine du sport, sur les données de 2023. La nouvelle édition actualise l'année de référence, mais le ratio arrondi reste semblable. On ne peut pas en déduire que l'écart s'est creusé entre 2023 et 2024.
Les effectifs 2024 éclairent une orientation particulière de l'enseignement supérieur européen. Ils ne disent pas si les femmes sont moins présentes dans toutes les disciplines proches du sport, ni si les étudiantes et étudiants ont ensuite les mêmes débouchés.
L'emploi sportif : un indicateur voisin, pas une trajectoire des étudiants
Dans son analyse de l'emploi sportif extraite en juillet 2026, Eurostat estime à environ 1,798 million le nombre de personnes exerçant un emploi lié au sport dans l'UE en 2025, dont 786 100 femmes. La note du 22 septembre retient le chiffre arrondi de 1,8 million. La population des emplois sportifs est donc différente de celle des étudiants inscrits en 2024 ; juxtaposer les deux chiffres ne permet ni de mesurer un taux d'insertion ni de suivre une cohorte.
L'emploi sportif est défini par le secteur d'activité et/ou la profession : il inclut par exemple des fonctions administratives au sein d'une organisation sportive, ainsi que des professionnels du sport employés hors d'un établissement classé dans le secteur sportif. Les données viennent de l'enquête européenne sur les forces de travail et comptent des personnes en emploi, pas des équivalents temps plein. Elles ne permettent pas d'attribuer la répartition observée à l'écart des inscriptions universitaires.
Chez les seniors, l'indicateur change aussi le constat
Les inscriptions dans un cursus supérieur de sport ne représentent pas la pratique physique pendant les loisirs. Le Baromètre de Santé publique France 2024 compare directement femmes et hommes d'une même tranche d'âge en France. Parmi les 60-69 ans, 47,6 % des femmes et 46,6 % des hommes déclarent pratiquer régulièrement des activités physiques pendant leurs loisirs. Parmi les 70-79 ans, les estimations sont de 45,2 % et 43,8 %. Les intervalles de confiance de ces estimations se recouvrent : le tableau montre des taux proches, non une forte avance féminine établie.
Ces estimations ne valent pas pour toute définition du sport. Dans l'enquête nationale sur les pratiques physiques et sportives de 2020, rapportée par l'Insee, 42,6 % des femmes contre 47,2 % des hommes de 65 ans ou plus déclaraient une activité plus d'une fois par semaine ; 31,4 % des femmes contre 21,0 % des hommes de cet âge n'avaient pratiqué aucune activité physique ou sportive dans l'année hors fins utilitaires. L'année, la question, le seuil de fréquence et la tranche d'âge diffèrent de l'enquête de 2024 : on ne peut pas les raccorder comme une série ou conclure que les femmes âgées pratiquent désormais davantage tous les sports.
Le baromètre 2024 porte sur les 18-79 ans et ne permet pas de conclure pour les 80 ans et plus. Il ne compte pas les entrées en salle de sport. La présence visible de nombreuses femmes âgées dans une salle peut aussi refléter la composition de la population : au 1er janvier 2026, l'Insee estime 4,541 millions de femmes contre 3,145 millions d'hommes âgés de 75 ans ou plus en France. Pour comparer une propension à pratiquer, il faut rapporter les pratiquantes et pratiquants à la population de chaque sexe et de chaque âge, et non compter seulement les personnes présentes dans un lieu.
Travail physique et longévité : une hypothèse à ne pas transformer en explication unique
L'effort physique au travail n'est pas équivalent à une séance de loisir. Dans le même Baromètre Santé publique France 2024, 50,6 % des hommes en emploi ou en formation, contre 37,2 % des femmes, déclarent un travail qui nécessite des efforts physiques. Une méta-analyse de cohortes menée dans 11 pays, sur des adultes en emploi de 18 à 65 ans, associe une activité physique professionnelle élevée à une mortalité plus forte chez les hommes dans certains modèles, tandis que l'activité de loisirs est associée à une mortalité plus faible chez les deux sexes. L'association professionnelle s'atténue lorsque le revenu est pris en compte et ces études observationnelles n'établissent pas à elles seules une causalité.
Selon l'Insee, l'espérance de vie à la naissance en France en 2025 est de 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes ; à 65 ans, l'espérance de vie restante est de 23,6 et 20,0 ans. Ces écarts ne sont pas décomposés ici selon le métier exercé, l'activité de loisirs après la retraite ou une « fatigue musculaire » accumulée. Ils ne prouvent donc pas que les hommes feraient du sport toute leur vie au travail, s'arrêteraient ensuite et mourraient plus jeunes pour cette raison. L'OMS recommande au contraire aux personnes âgées une activité physique régulière adaptée, incluant des exercices de renforcement et d'équilibre.
Ce que ces chiffres permettent de dire
Le constat le plus robuste porte sur le périmètre précis des études supérieures de sport dans l'UE en 2024 : le nombre d'étudiantes inscrites y est inférieur à celui des étudiants. La comparaison est directe et publiée par Eurostat. La répétition d'un ratio arrondi similaire en 2023 suggère que cette asymétrie n'est pas apparue cette année, sans suffire à établir une tendance de long terme. La pratique de loisirs des seniors français peut présenter un profil différent sans contredire ce constat sur les inscriptions européennes.
Les catégories femmes et hommes sont celles des sources statistiques ; elles ne correspondent pas à une mesure des chromosomes. Les agrégats européens masquent des situations nationales et des filières potentiellement diverses. Pour comparer les études, la pratique sportive, l'effort au travail et la mortalité, il faut conserver à chaque fois le pays, l'âge, l'année, la population et l'indicateur. Aucune des sources réunies ici ne suit les mêmes personnes des études à la vieillesse.
Questions fréquentes
Le ratio de deux étudiantes pour cinq étudiants signifie-t-il que les femmes font moins de sport ?
Non. Il décrit les inscriptions dans le domaine du sport au niveau de l'enseignement supérieur de l'UE en 2024. Il ne mesure ni la pratique sportive dans la population ni la fréquentation de tous les cursus liés à l'activité physique.
L'écart s'est-il aggravé depuis 2023 ?
La communication Eurostat pour 2023 donnait déjà le même ratio approximatif de deux étudiantes pour cinq étudiants. Le ratio arrondi de 2024 ne permet donc pas de conclure à une aggravation. Une analyse de tendance exigerait de comparer des séries harmonisées et leurs éventuels changements de définition.
Les chiffres d'emploi sportif de 2025 correspondent-ils aux diplômés de 2024 ?
Non. L'emploi sportif couvre des professions et des secteurs définis par Eurostat, indépendamment du diplôme suivi et de l'année d'études. Il n'existe pas ici de suivi des mêmes personnes des études vers l'emploi.
Les femmes seniors fréquentent-elles davantage les salles de sport en France ?
Les données présentées ne mesurent pas directement cette fréquentation. Santé publique France observe en 2024 une pratique physique régulière de loisirs légèrement plus déclarée chez les femmes de 60-69 ans et de 70-79 ans que chez les hommes des mêmes âges, avec des écarts faibles. L'enquête ne couvre pas les 80 ans et plus et ne permet pas d'assimiler cette pratique aux seules salles de sport.
L'effort physique au travail explique-t-il que les hommes vivent moins longtemps ?
Ce lien n'est pas démontré par les chiffres de cet article. Une méta-analyse internationale distingue des associations différentes pour l'activité physique professionnelle et celle des loisirs, mais elle est observationnelle et ne chiffre pas la contribution du travail à l'écart français d'espérance de vie. Les données ne vérifient pas non plus l'idée d'un arrêt généralisé de l'activité masculine après la retraite.